Pour assumer mon côté néerlandais et pour retransmettre ce que Célia et Damien m’enseignent : un nouveau tumblr
Je n’étais pas une parisienne non plus. Le monde était beau et merveilleux à cette époque. J’ai rencontré ma meilleure amie dans la rue, parce que j’étais perdue. Et j’ai vécu les quatre meilleures années de ma vie. Maintenant ? Et bien maintenant je ne sais pas. Ma plus grande peur en ce moment, c’est que tu puisses voir ce que je suis devenue. Est-ce que je suis quelqu’un d’assez bien pour toi ? Mes choix n’ont pas été les plus intelligents possibles, ni les plus réfléchis. J’ai passé 3 ans à Estienne. Cette école, aussi merveilleuse soit-elle, a détruit le peu de confiance que je pouvais avoir. Tu n’es pas ton art. Je ne suis pas mon art. En pleine nuit blanche pour cause de charrette, ce soir là, elle a sonné à l’interphone. “Ecoutes, je suis désolée pour ce matin. Ouvres moi. J’ai du café !”
3.
Ce moment n’est jamais venu. Le lendemain, je me suis réveillée encore embuée de la nuit passée. Louise m’attendait sur le balcon, un pilon à la main. Rien n’allait comme nous l’espérions. Elle passait de plus en plus en temps dans ses bras, à lui promettre un amour éternel, et elle se sentait de plus en plus seule. La couette sur le dos, je me suis installée à ses côtés. “Tu comptes rester encore longtemps avec lui ?” - “J’ai besoin de lui, j’ai besoin de me sentir aimée” - ” Tu sais que c’est faux, tu sais très bien qu’il ne ressent rien pour toi.” Elle jeta le joint par dessus la rambarde, se leva et ramassa ses affaires. “Tu sais quoi ? Je le sais. Ne te permet pas de me juger Lili, on a tous besoin d’être aimer. C’est un sentiment de merde, mais c’est la seule chose qui me donne l’impression d’exister en ce moment. Compter aux yeux de quelqu’un, c’est la seule façon que j’ai de vivre. On est toutes les deux pareilles. Tu n’es pas mieux que moi.” Et elle claqua la porte. Je me suis recroquevillée sur ma chaise. Au contact de mes pieds et du métal glacé de la rambarde, j’ai commencé à réaliser. Depuis Jean-Baptiste, je ne faisais que passer dans la vie des gens. J’effleurais leur existence, sans rien chambouler, sans rien amélioré. Elle avait raison, j’avais besoin d’un regard extérieur pour vivre. Et pour pouvoir continuer à avancer. Je n’étais plus une princesse, une princesse ça ne picole pas pour tromper l’ennui.